Règne des alarmistes ou propagateurs de mauvaises nouvelles

Les pensées abstruses des hommes hantent la planète de leur résonnance stridente.

 

Le monde est malade. Certainement infecté par la bêtise de l'homme. Une formule lâchée par Plaute dans son Asinaria fabula (ou la Comédie des Ânes), probablement sans prétention autre qu'amuser ou décrocher les sourires des auditeurs, semble briller de pertinence par son actualité. Passée à la postérité sous la plume de Hobbes dans le De Cive,  l'évolution moderne du monde ne semble que confirmer la locution devenue quasi-évidente "L'homme est un loup pour l'homme". Ce syntagme à valeur anthropologique rapproche les membres de l'espèce humaine à ces mammifères carnassiers, dont la réputation a largement été chargée par les superstitions, en cela dégradée depuis bien longtemps. Le substantif de loup, de nos jours, désigne non sans mépris une personne avide, brutale, cruelle ; un individu peu recommandable et dangereux, poltron et féroce ; perfide et vorace. L'héraldique nous le dira jamais trop : à l'image positive de la louve nourricière allétant les frères Romulus et Rémus ; s'est substituée celle du lupeux, du sauvage repoussant qui incarne toute l'immondité, tout l'effroi que comporte la nature.

Le violence de l'homme, sa cruauté sans bornes est malheureusement incontestable. Et pis encore, elle semble non-maîtrisable. Nous sommes les êtres capables de la plus grande monstruosité, nous sommes capables de faire preuve de la plus grande animalité, c'est-à-dire de nous comporter comme un membre du règne animal et régi par l'instinct. On ne peut nier que l'homme sait être impitoyable pour son semblable, ce que nous enseignent les nombreux traumatismes qui peuplent les tiroirs sans fond du passé. Et même, lors de certaines de ces expériences, l'humanité s'immobilise, comme "un traîneau, arrêté dans la neige, au milieu d'un cercle de loups aux dents luisantes, aux yeux de braise" (Tharaud, An prochain). Paralysée, elle craint la terreur de l'homme comme celle du loup, justifiée par l'aspect du grand fauve gris aux yeux dorés. 

La grande famille des hommes, cette espèce fondatrice de civilisations immémorées, cette penseuse d'oeuvres grandioses disparues au tréfonds inexplorable de l'histoire, n'est qu'une race entreprenante, fréquentée par des théoriciens ambitieux dépassés par leurs connaissances lacunaires, qui croient polir le monde et l'adoucir. Les hommes sont des ouvriers qui s'imaginent domestiquer la férocité des êtres qui les entourent en poussant leurs hurlements lugubres sous le soleil du loup. Techniciens, ils pensent la Terre comme une machine globale qu'ils agencent. Ils se représentent la Terre comme une sphère automatique, qu'ils peuvent actionner, arrêter, employer, perfectionner, réparer et utiliser jusqu'à l'avarie irrémédiable. Ils n'hésitent pas à puiser inlassablement les ressources de la large vasque du monde pour assouvir leur appétit (de loup ?). Ils dévorent avidement chaque recoin de l'espace monde et rejettent leur oeuvre grandiose et machiavélique, scandée par le chant suppliant et perfide des appareils rebelles. L'objet technique pullule, surabonde. Ces êtres sans âme habitent chacun d'entre nous ; ils nous assistent, nous surveillent et nous guident, comme la canne oriente les individus aveugles. Et notre cessité toute entière est soutenue par ces béquilles artificielles. Plus qu'un loup pour le monde, l'homme est un parasite. Paradoxe : nous avons posé pour enjeu majeur de ce siècle l'éradication de toute source de virus et bactéries de notre planète, toujours dans ce but de permettre la meilleure vie possible dans ce monde. Les progrès de la médecine sont sans précédent même s'il reste encore beaucoup à faire en matière de santé, certainement, du moins dit-on, pour garantir une meilleure qualité de vie sur Terre. Car à l'horizon des années qui se déroulent, se dessine la silhouette de notre plus profond rêve : vivre vieux et en bonne santé.

Mais comment notre espèce, qui vivait en symbiose totale avec la nature, a-t-elle pu muter de telle sorte à parasiter le tissu duquel elle vit ? A quoi bon s'essouffler à chercher des antidotes à nos maux, alors que nous sommes l'entité qui ronge, qui dégrade, qui détruit et qui dévaste, qui épuise et supprime toutes les choses du monde.

La planète bleue n'est rien d'autre qu'une plante arrhize, prête à s'ébranler, pourrie de l'intérieur, sur le point de s'effondrer sur elle-même, rendant au néant toute ses particules primaires.  

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Commentaires (2)

1. FruddyWeeve (site web) 09/09/2012

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